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03.08.2006
Le ministre de l’Habitat avait
déjà sonné l’alarme sur les pièges à éviter dans l’opération «Villes sans
bidonvilles». La Banque mondiale remet une couche en des termes moins
nuancés... En clair, la politique de recasement est vouée à l’échec si
quelques précautions ne sont pas prises. Dans la liste des maillons faibles,
nous sommes presque surpris d’entendre l’institution internationale relever
la trop grande orientation technique d’un programme qui donne peu d’intérêt
à l’accompagnement social. Surprenant, car il n’y a pas un rapport sur la
problématique des bidonvilles qui n’ait pas insisté sur l’importance d’une
approche intégrée. On le sait pourtant, dans ce dossier, se concentrer sur
la dimension exclusive de l’habitat, dupliquer les modèles ZUP, serait
suicidaire. Cela fait du programme «Villes sans bidonvilles» un patchwork de
mesures à faible impact en terme de développement
Il y a aussi ce retour d’information peu rassurant de la part des équipes
chargées d’exécuter les programmes au niveau régional, visiblement peu
impliquées, car frustrées par le déficit de décentralisation.
Les chantiers avancent à des vitesses différentes. La machine à produire des
logements économiques est enclenchée. Mais pas celle de la mise à niveau des
transports, des infrastructures pourtant garants de la production de
richesses pour les populations cibles. Tout inquiétant, le retard accusé sur
le chantier de la moralisation. Beaucoup d’élus, de promoteurs immobiliers
ont fait leur beurre avec la «manne» des bidonvilles. Souvent en accointance
avec des moqadems et caïds, responsables normalement de la non-profilération
du patrimoine national de bidonvilles. A coup sûr, trop d’intérêts sont en
jeu. Et c’est à peine si l’on a le temps de réajuster. |