Fès: L’Erac lance deux nouvelles zones urbaines

 

03.11.2006

· Un investissement de plus 512 millions de DH

· Villas économiques, immeubles, équipements de base au programme


· La demande déjà supérieure à l’offre


La capitale spirituelle s’agrandit. Et pour accompagner cette évolution, l’assiette foncière, qui constitue l’un des principaux soucis des professionnels du bâtiment, est également appelée à s’élargir. Pour répondre à cet impératif, le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme, lance, via l’Etablissement régional d’aménagement et de construction (Erac-CN), deux nouvelles zones urbaines dans la région de Fès. En effet, deux programmes d’habitat et d’urbanisme situés respectivement dans les communes rurales d’Aïn Chkef et de Sbaa Rouadi de la province de Moulay-Yacoub, verront le jour incessamment. «Il s’agit de deux programmes intégrés, qui concernent aussi bien la mise à niveau et le développement de l’habitat que l’implantation de plusieurs équipements collectifs et la réalisation d’infrastructures de base», indique Abdeljalil Cherkaoui, directeur de l’Erac-CN. Et d’ajouter que l’investissement global estimé pour ces deux grands projets est de l’ordre de 512,33 millions de dirhams. «Un montant qui ne manquera pas d’impulser le développement économique et social général de la province de My Yacoub», poursuit-il. Techniquement, le choix de la nouvelle zone d’Aïn Chkef se justifie par la proximité de Fès. Notons que la présence de la forêt et plus récemment, le passage de l’autoroute, ont conféré au centre une fonction d’espace de loisirs en induisant, simultanément, une pression migratoire parmi les plus fortes de la région.
Ces dynamiques socioéconomiques et démographiques ont provoqué une urbanisation rapide du centre, constituée d’habitat précaire, sous-équipé et de structure anarchique… A tel point que les ressources naturelles et touristiques sont aujourd’hui menacées par l’expansion urbaine, car non appuyées par les autres secteurs d’activités dont le développement reste très embryonnaire. Face à cette situation, les autorités compétentes au niveau de la Province, de l’Agence urbaine et de la Commune ont procédé à l’élaboration d’un plan d’aménagement, l’acquisition d’un terrain de 25 hectares par la Commune et un projet de lotissement. Sachant que la situation du site a imposé une action de plus grande envergure pour maîtriser l’habitat insalubre et non planifié, et surtout en vue de prévenir la prolifération. «Il s’agit de poser les fondements du développement durable du centre d’Aïn Chkef, en montant un véritable projet urbain, capable de tirer profit de toutes les ressources et dynamiques en place», estiment les partenaires du projet.
Ainsi, dans un premier temps, l’aménagement concernera une tranche prioritaire de 147 ha pour une enveloppe de 502 millions de dirhams. Selon les dirigeants de l’Erac, à terme, l’assiette foncière du projet en question pourra s’élargir, puisque ses concepteurs ont réalisé l’étude d’aménagement sur une aire de 360 ha.
Les 147 ha seront répartis en 2.200 lots. Lesquels devront accueillir un programme de 85 villas économiques construites au sol modérées (85 et 100 m2), 500 lots de villas variées ainsi que des immeubles et espaces verts. Les constructions seront réalisées en partenariat avec le secteur privé. De fait, l’aménageur, l’Erac, effectuera les adductions hors-site (pour les 360 ha) et l’installation des réseaux primaires et secondaires de voiries, assainissement, électricité et téléphone. Côté équipements, l’Erac prévoit l’aménagement des parcelles de l’ensemble des équipements socio-collectifs. A cet égard, les autres ministères, notamment ceux de l’Education nationale, de la Santé, et celui chargé de la sécurité, doivent absolument investir les lots qui leur ont été réservés. Et ce, pour assurer le bon fonctionnement des équipements de base (écoles, dispensaires, arrondissements de police…) et encourager l’investissement dans la nouvelle zone urbaine. A signaler qu’avant même le lancement officiel de l’opération de vente, l’Erac a déjà reçu quelque 3.300 demandes, soit 1.100 demandes de plus par rapport à l’offre disponible. «Mais pas de craintes, généralement, après la sélection des demandes et l’annonce des prix, plusieurs demandeurs se désistent», conclut Cherkaoui. 
 

Logements

Pour le parc d’Aïn Chkef de Fès, le système viaire est adossé à la pénétrante, qui organise et filtre la circulation interne et limite à trois le nombre des zones d’accès. Le réseau de voies, basé sur un principe radio-concentrique, est développé de manière à favoriser l’émergence d’un centre urbain principal et de plusieurs pôles d’animation. Pôles qui concentrent les équipements collectifs importants. S’agissant du projet de la Sbaa Rouadi, dit aussi le projet intégré de Douiyet, l’Erac prévoit deux actions.
La première consiste au relogement de 85 ménages ruraux – occupant des habitations insalubres sur 2 hectares – grâce à la construciton de logements sous forme de cellules évolutives. La seconde comprend la restructuration des quartiers sous intégrés à caractère rural, occupés par plus de 400 ménages sur une aire de 19 ha, ainsi que le réaménagement du centre commercial existant. Le coût de l’opération «sociale» de relogement est de 10,33 millions de DH. Les bénéficiaires ne paieront au total que 1,33 millions de DH.