Casablanca: 21.000 hectares à urbaniser à l’horizon 2030

 

04.04.2007

· L’Agence urbaine fait ses prévisions

· Déclarer d’utilité publique les espaces dédiés aux activités et au relogement


Casablanca prépare son avenir en matière d’urbanisme. Le gouverneur directeur de l’Agence urbaine, Allal Sekrouhi, en a exposé les grandes lignes lors d’une récente rencontre avec la presse. Selon le gouverneur, «les orientations stratégiques consistent à positionner Casablanca à l’international, à mettre en place une offre économique, sociale et environnementale». De fait, l’objectif est de faire place à des zones d’activités, au grand commerce, à l’artisanat... sans pour autant sacrifier le social. Les décideurs promettent de prendre en charge ce dernier via la résorption des bidonvilles, l’amélioration des équipements de base et la réduction des disparités. L’environnement, quand à lui, n’est pas négligé. Des mesures pour diminuer la pollution, les nuisances et les risques naturels et technologiques sont à l’étude.
Cette approche des responsables de la métropole est dictée par des contraintes. Une hausse démographique de 25 à 42%, soit un passage de 3,6 millions d’habitants à près de 5 millions en 2030, est prévue. Même tendance pour les populations actives qui passeront de 1,48 million à près de 2 millions. Côté urbanisme, l’Agence urbaine entrevoit la nécessité d’urbaniser 21.000 hectares supplémentaires afin de répondre aux besoins des investisseurs et des promoteurs immobiliers.
Quelque 4.000 hectares seront dédiés aux activités économiques dont le complexe industrialo-portuaire à Mohammédia et autres zones à installer, entre autres, à Nouaceur. «Des centres tertiaires sont programmés à Dar Bouazza, Tit Mellil, Nouaceur et à Anfa», affirme Sekrouhi. Rien que pour le moment, un peu plus de 6.000 hectares de projets privés ont été autorisés: 400 hectares à Anfa, 800 à Bouskoura, 1.300 à Nouaceur, 2.000 dans la nouvelle ville de Zenata et 1.850 sur la couronne-est.
Les projections des responsables casablancais en matière d’urbanisme ne sont pas automatiquement opérationnelles. Elles nécessitent des mesures d’accompagnement pour réguler d’abord le marché financier à travers la mise en place d’une agence foncière régulatrice. Il faut ensuite se mettre d’accord sur les critères de financement, en l’occurrence les contributions respectives du privé et du public. L’extension urbaine sur des terres agricoles nécessite la mise en place d’infrastructures et d’équipements de base. Les critères en question visent à élaborer une formule pour la participation des propriétaires, dont la valeur des terres a été revue à la hausse grâce à l’urbanisation. Autre objectif des responsables en matière d’urbanisme: considérer les espaces dédiés aux activités et au relogement comme relevant de l’utilité publique. Selon Sekrouhi, il s’agit d’encourager l’investissement dans ce domaine.