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09.10.2006
Le projet de mise en place d'une
voie qui reliera la préfecture de Aïn-Sebaâ à la plage de cet arrondissement
et prévu dans le cadre du schéma d'aménagement urbain (SDAU) de 1989,
préoccupe toujours les habitants de la zone où devrait passer cette avenue.
Un tel projet veut dire le déplacement de ces populations.
Le projet lancé, en 1987, n'a jamais vu le jour. Certains diront que c'est
tant mieux pour les populations concernées par le projet puisque leurs biens
seront préservés.
Et bien non, même pas, puisque son intégration dans le SDAU a pour
conséquence directe le gel de toutes les opérations immobilières et
économiques des résidents qui ont la malchance de se trouver là. Ceux qui
ont des terrains vides ne peuvent plus les construire.
Même chose pour les propriétaires de villa qui ne peuvent faire des
extensions en raison de la suspension des autorisations de construction.
Toutes ces mesures prises au niveau de la préfecture de Aïn Sebaâ ont eu
pour conséquence de faire chuter le prix du foncier dans cette zone de près
de 50%. Face à cette situation inconfortable, les habitants ont constitué
une association baptisée Al Amal pour défendre leurs intérêts.
L'association réclame l'indemnisation de l'ensemble des habitants, au cas où
le projet serait maintenu ; mais son abandon pur et simple dans le cas
contraire.
Les habitants, au nombre de 8000, ne supportent plus d'être indéfiniment les
otages de ce projet qui probablement ne se concrétisera jamais.
L'association a saisi le ministère de l'Intérieur, le wali du Grand
Casablanca, l'Agence urbaine, mais sans résultats.
La seule lueur d'espoir pour ces habitants reste la loi de l'urbanisme
elle-même qui stipule que toute infrastructure prévue par l'aménagement
urbain et qui n'est pas réalisée au bout de vingt ans, devient caduque.
En dépit de l'existence de cette loi qui pourrait délivrer les habitants de
Aïn Sebaâ, le problème n'est pourtant pas résolu d'avance puisque un nouveau
schéma d'aménagement urbain est en cours d'élaboration. Ce dernier pourrait
programmer à nouveau cette voie. L'association appelle l'Agence urbaine de
Casablanca à ne plus faire figurer ladite voie sur son schéma directeur.
Dans le cas contraire, elle devra, lors de l'étape de l'enquête publique,
signaler les dommages subis. Encore faudra-t-il que l'administration prête
attention à leurs doléances...
En dernier recours, l'association Al Amal suggère de s'aligner sur la
proposition de l'ex-Commune d'Aïn-Sebaâ : remplacer cette voie par une autre
déjà existante (boulevard Mimosa) et qui est à 100 mètres de celle
programmée. Certes, ce boulevard nécessite quelques réaménagements pour son
élargissement.
Mais le montant des travaux et des indemnisations n'est pas aussi élevé,
étant donné que les populations qui s'y trouvent sont moins nombreuses, et
que les terrains, pour une grande part, sont sur le domaine public.
Il est à noter que le tracé prévu pour cette artère abrite quelque 600
villas,3 sociétés, 4 instituts d'enseignement privé (Louis-Massignon,
collèges Ouhoud et Ikrame, écoles Notre-Dame et Ridouane), des centaines de
commerces : épiceries, boulangeries, pharmacies et cafés. Tous ces biens
immobiliers s'étalent sur 30 hectares et une longueur de 2 kilomètres.
L'étendue de la voie et le nombre élevé de propriétés privées rend
l'opération d'indemnisation plus coûteuse. La commune de Aïn Sebaâ, elle, a
indiqué dans un courrier envoyé au ministère de l'Intérieur qu'elle n'a pas
les moyens d'indemniser l'ensemble des propriétaires qui devront céder leurs
biens pour l'utilité publique. |