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10-05-2007
· Responsabilité accrue pour
les communes
· Les agences urbaines orientées vers plus de valeur ajoutée
· Créer un «urbanisme consensuel»
Le projet de code de l’urbanisme est fin prêt. «Ce texte de loi est le
soubassement du développement régional, tous secteurs confondus», indique
d’emblée Taoufiq Hejira, ministre délégué de l’Habitat et l’Urbanisme. Il
s’exprimait à l’ouverture de la conférence de présentation de la première
mouture du code, le 9 mai à Rabat.
A l’origine de ce texte, se trouve la lettre royale d’octobre 2005 (cf.
notre édition du 03/10/2005; www.leconomiste.com). Le Souverain y mettait le
doigt sur les défaillances flagrantes de l’urbanisme et la nécessité de le
doter d’un texte de loi «réformateur et innovant».
Le gouvernement a parfaitement assimilé cet avertissement. Il aura fallu 18
mois au ministère de tutelle pour élaborer ce texte «après avoir consulté
l’ensemble des parties prenantes au niveau central et régional». Pas
question de revoir les contestations massives qui ont émaillé les réformes
de son «frère en politique», le ministre du Transport et de l’Equipement,
Karim Ghellab.
Le projet de code de l’urbanisme entamera désormais la longue voie
institutionnelle. Il sera remis la semaine prochaine au secrétariat général
de gouvernement. Avant de transiter respectivement par le Conseil de
gouvernement, le Conseil des ministres puis les deux chambres. Ce processus
nécessitera au moins 3 ans, au-delà donc du mandat de ce gouvernement. Ce
qui veut dire que l’entrée en vigueur du code n’est attendue qu’en 2009,
voire 2010, au mieux.
· Les SDA programmés
«Ce code est élaboré pour les 30 prochaines années, je suis confiant par
rapport à l’amélioration des systèmes de gestion locale et la moralisation
des élites politiques durant cette période. De plus, la gestion des
stratégies d’urbanisme incombe aux instances élues et non aux individus»,
précise le ministre. Mais il faudra beaucoup plus que la confiance du
ministre pour veiller à l’application du nouveau code.
Le nouveau texte a institué un nouveau document-pilote pour l’aménagement
des zones urbaines. Il s’agit du schéma directeur d’agglomération (SDA) qui
servira de base pour l’ensemble des stratégies d’urbanisation. L’élaboration
de ce document sera aussi déléguée aux instances locales élues.
Ce ne sera plus un texte légal mais plutôt contrat entre l’Etat et les
régions. Contrairement aux anciens schémas, le SDA ne comprendra que les
projets financés. Il sera établi pour une durée de 20 ans réparti sur quatre
contrats de cinq ans entre les élus et l’Etat. Au terme de chaque contrat,
les opérateurs régionaux sont obligés de faire le bilan d’actualiser leur
plan en fonction des nouvelles donnes régionales.
Outre le SDA, la validation des autres documents d’urbanisme (plan
d’aménagement, plan de sauvegarde et de mise en œuvre...) incombera aux
autorités régionales.
L’objectif étant de réduire les délais de cette mesure qui varie entre 5 et
7 ans dans le système actuel. Après avoir attendu toutes ces années, les
documents n’avaient plus aucune utilité puisque leurs données de base
devenaient vétustes. Le nouveau code prévoit de réduire ces délais à un
intervalle de 3 à 5 mois.
Autre mesure de délégation: le changement radical des prérogatives des
agences urbaines, rebaptisées agences d’urbanismes. Elles n’auront plus à
délivrer les autorisations de lotir qui occupaient la quasi-totalité de leur
temps. Cette fonction sera déléguée aux architectes privés qui délivreront
ces autorisations sur la base d’un cahier de chantier. Encore faut-il mettre
en place un système de suivi nécessaire pour pister les dérapages.
Une fois libérée des autorisations de lotir, les agences d’urbanisme seront
dédiées à des fonctions de plus forte valeur ajoutée. Il s’agit d’abord
d’encadrer le développement régional en assistant les communes pour élaborer
leur document d’urbanisme. Ces agences deviendront des bureaux d’études
publiques dans le cadre des plans d’aménagement régionaux.
En attendant le code
Que faire
pour pallier aux défaillances de la réglementation actuelle en attendant le
nouveau code? Le ministre propose de valider rapidement la loi 04/04. Ce
texte est bloqué au Parlement depuis 3 ans, à cause des mesures répressives
des fraudes qui effraient les parlementaires.
Le ministre affirme que 70% des remarques des députés ont été retenues.
«Seuls les amendements qui touchent à l’esprit de la loi ont été rejetées»,
ajoute-t-il.
Plus de pouvoirs aux élus
Quel est le
principal apport de cette législation-pilote? Elle a d’abord délimité les
responsabilités juridiques de l’urbanisme en accordant plus de prérogatives
aux communes.
Les élus seront directement concernés par les plans d’aménagement de leur
périmètre. Auparavant, le suivi des chantiers d’urbanisation était
pratiquement impossible. La responsabilité incombait à tout le monde mais
personne ne la revendiquait.
Cette délégation semble toutefois difficile à réaliser en raison du manque
de qualification des élus locaux et de la corruption qui entache leur
travail. Le système de gouvernance actuel ne prévoit pas de mécanismes de
suivi efficaces pour pister les fraudes. |