La propriété de plus en plus accessible

 

La proportion des ménages propriétaires de leur logement s'est nettement améliorée

Publié le : 11.08.2009 | 14h29

La propriété est devenue, ces dix dernières années, de plus en plus accessible aux ménages marocains, indique le HCP (Haut Commissariat au Plan).

Il faut dire qu'en application des orientations du discours royal, en octobre 2003, concernant la nécessité de lutter contre l'habitat insalubre, une nouvelle stratégie dans le secteur a été établie visant à augmenter le rythme de production en vue d'atteindre l'objectif de 100.000 logements sociaux par an et à œuvrer à l'éradication progressive de l'habitat insalubre et du déficit cumulé en logements. Ainsi, les pouvoirs publics ont entamé un programme intégré de réformes dans le but de résoudre à la fois les problèmes liés à l'offre et à la demande du secteur de l'habitat. 2005 était donc la première année de concrétisation de cet objectif de production de 100.000 logements sociaux par an. En 2008, les achèvements ont porté sur 129.000 unités sociales. Du côté de l'offre, peut-on lire dans une récente publication de la DEPF du ministère des Finances, l'intervention publique a porté sur l'encouragement des opérateurs privés à s'orienter vers le créneau du logement social à travers notamment des exonérations fiscales, la mobilisation du foncier public, la fusion des opérateurs publics de l'habitat (OPH) en un seul opérateur dénommé «Al Omrane» et le recentrage de son rôle vers l'aménagement, la mise en place du guichet unique, l'accélération de l'approbation des documents d'urbanisme et la préparation du projet de code de l'urbanisme.

A partir de 2008, la politique de l'offre a été consolidée davantage à travers la mise en œuvre d'un nouveau programme de logements sociaux. Ce programme consiste à produire des logements sociaux à 140.000 DH l'unité ciblant la population qui dispose d'un revenu moyen n'excédant pas 1,5 SMIG. Ce nouveau produit de logements bénéficie d'une exonération totale de tous les impôts et taxes. Dans un rapport intitulé "Croissance et développement humain au Maroc: repères statistiques 1998-2008'', le HCP affirme ainsi que la proportion des ménages urbains propriétaires de leurs logements s'est, en l'espace de 9 ans, améliorée de 5 points (65,9% de propriétaires en 2008 contre 60,9% en 1999), alors que celle des locataires a baissé de 8 points (22,3% en 2008 contre 29,9% en 1999). S'agissant du type d'habitat urbain, indique l'agence MAP, le rapport révèle que la maison marocaine moderne domine aujourd'hui le paysage urbain avec plus des 2/3 des ménages, surclassant ainsi les maisons traditionnelles qui ne représentent plus que 5% de l'ensemble des habitations. Evaluant la densité d'occupation des logements, la même source révèle une baisse de cette densité tant dans les villes que dans le milieu rural, indiquant que le nombre moyen des personnes par pièce en milieu urbain est passé de 1,9 en 1999 à 1,5 en 2008 et de 2,1 à 1,7 dans le monde rural durant la même période.

Des logements moins exigus qui, selon le HCP, traduisent une amélioration des conditions d'habitat. Concernant, par ailleurs, l'accès des ménages à l'eau potable et à l'électricité, le rapport relève que si l'alimentation en ces deux ressources est aujourd'hui quasi généralisée dans les villes, il n'en demeure pas moins que la moitié des ménages ruraux n'accède toujours pas à l'eau potable, notant toutefois que la proportion des ruraux bénéficiaires de l'eau potable s'est multipliée par 3 durant la période 1999-2008 (44,5% en 2008 contre seulement 15,5% en 1999) et par 3,5 en ce qui concerne l'électricité, passant d'une couverture de 23,2% en 1999 à plus de 80% en 2008. Concernant l'équipement en biens durables, électroménagers en l'occurrence, la même source note la tendance de plus en plus marquée des ménages tant urbains que ruraux à rechercher un certain confort. Dans le monde rural, par exemple, l'acquisition des produits de consommation de la vie moderne est de plus en plus en vogue, souligne la même source, indiquant que le taux d'équipement des foyers en téléviseurs est passé de 42% en 1999 à 79% en 2008, de 5% à 36% pour les antennes paraboliques et de 7% à 39% pour les réfrigérateurs. S'agissant des dépenses de consommation des ménages, le HCP relève que l'écart entre villes et campagnes est en train de se réduire, et ce faisant, le rapport des dépenses entre les deux milieux est passé de 2 en 1998 à 1,8 en 2007.

Et d'ajouter que la dépense annuelle par personne durant la période 1999-2008 s'est accrue de 43,6% au niveau national (11.233 DH par an en 2008 contre 7.823 DH en 1998), de 53% en milieu rural (7.777 DH en 2008 contre 5.085 DH en 1998) et de 37% en milieu urbain (13.895 DH en 2008 contre 10.152 DH en 1998). Concernant la structure des dépenses de consommation des ménages, le Haut Commissariat au Plan relève que la part de l'alimentaire dans le budget des ménages a baissé de 3 points durant la période 1998-2007 (36,8% en 2007 contre 38,4 en 1998 pour les villes et 49,3% en 2007 contre 54,2% en 1998 pour les campagnes), notant que pour la première fois, le coefficient budgétaire alimentaire dans le monde rural est passé sous la barre de 50%. En revanche, selon toujours la même source, le poids des transports et communications dans le budget des ménages marocains a augmenté de 5 points, passant en milieu urbain de 7,1% en 1998 à 12,8% en 2007. Au total, «la structure de la dépense a évolué avec l'amélioration du niveau de vie et l'attractivité du modèle de consommation de la société moderne».

Le système d'aide au logement

Du côté de la demande, l'augmentation des ressources financières allouées au secteur à travers le doublement de la taxe sur le ciment a permis l'accélération des programmes de résorption de l'habitat insalubre et la viabilisation des terrains publics destinés à la production de l'habitat social. En outre, conscients de l'insolvabilité de la population cible, les pouvoirs publics se sont attelés à réformer le système d'aide au logement.
Deux fonds de garantie «Fogarim et Fogaloge-public» ont été ainsi créés depuis décembre 2003. A souligner, à ce niveau, la conclusion d'une convention en février 2009 et qui stipule la fusion de ces deux fonds de garantie en un seul fonds dénommé «Daman Assakane», en portant le plafond du crédit à 800.000 DH, et ce pour permettre aux ménages appartenant à la classe moyenne de bénéficier de la garantie de l'Etat. Dans le même sillage, les conditions de prêts ont été assouplies suite à ''la détente des taux d'intérêts'', la prolongation des durées de remboursement et l'extension du champ d'application du microcrédit à l'habitat social. Parallèlement à la promotion du logement social, la réforme du secteur a dévoilé une nouvelle approche de résorption de l'habitat insalubre se basant sur le "contrat de ville". La mise en œuvre de cette nouvelle approche s'est traduite par le lancement du programme «Villes sans bidonvilles» en 2004 et qui vise l'éradication totale des bidonvilles recensés à l'horizon 2010-2012. A fin mai 2009, le nombre des villes déclarées sans bidonvilles s'élève à 33.