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21-11-2008
Aménagement
concerté, urbanisme durable, mixité sociale... les ingrédients
Habitats insalubres, extension de bidonvilles, vétusté de certains
quartiers... autant de problèmes qui dénaturent la ville et nécessitent des
actions de réhabilitation et de restructuration. Mais souvent les programmes
menés, pour nombreux qu’ils sont, ne relèvent pas toujours d’une démarche
cohérente et globale. Ce qui réduit quelque peu leur portée. Un constat
relevé par différents experts et acteurs nationaux et internationaux de
l’acte d’urbanisme. C’était lors d’un séminaire sur le renouvellement urbain
organisé, jeudi 20 novembre, par Dyar Al Madina, filiale de CDG
Développement en partenariat avec le ministère de l’Habitat. «Le
renouvellement urbain se fait mais de manière très disparate», constate
d’ailleurs Mohamed Sajid, maire du Grand Casablanca, qui cite en exemple le
cas de la métropole. D’où, selon lui, l’urbanisation peu maîtrisée de la
ville. Aussi, estime-t-il, l’acte de renouvellement de l’espace urbain ne
peut se faire en dehors d’une approche globale et intégrée prenant en
considération aussi bien le cachet de la ville que les spécificités de son
tissu urbanistique (médina, quartiers historiques...). Les projets
structurants doivent donc être pris comme «prétextes pour rénover et
restructurer l’espace urbain». Il en va ainsi, selon Sajid, du projet du
Tramway de Casablanca, dont le lancement est prévu pour le début de 2009.
«Nous profiterons de ce projet pour rénover l’ensemble des espaces qui se
trouvent sur son circuit», affirme-t-il. C’est aussi le cas entre autres de
l’action de renouvellement et de réhabilitation menée par Dyar Al Madina
dans différentes villes. Mustapha Bakkoury, DG de la CDG, a cité le cas du
quartier Moulay Rachid ou encore le projet d’aménagement de la Corniche avec
notamment le projet de la Marina de Casablanca.
500.000 nouveaux citadins/an
Mais, si l’ensemble des intervenants ont convenu de voir dans le
renouvellement urbain une piste pour repenser la ville, la question est
restée posée quant aux outils et mécanismes nécessaires à sa réalisation.
«Les outils d’hier sont-ils toujours adaptés pour les besoins
d’aujourd’hui?» s’est ainsi interrogé Bakkoury. Il a également posé la
question des documents d’urbanisme et leur adéquation face à différents
contextes comme les cas d’expropriation pour cause de patrimoine ou encore
dans le cas d’habitat insalubre. Outre le cadre réglementaire et juridique,
le DG de la CDG s’est attardé sur l’implication des différents acteurs et
notamment la commune en tant qu’acteur central de la chose urbaine.
Pour sa part, le directeur de l’Urbanisme et de l’Architecture au ministère
de l’Habitat, Abderrahmane Chorfi, a rappelé le fort taux d’urbanisation et
ses incidences sur la ville. Concrètement, il s’agit de 500.000 nouveaux
citadins annuellement et 123.000 nouveaux ménages. Ce qui nécessite
l’ouverture à l’urbanisation chaque année de 3.000 hectares.
Partant de différentes expériences (française, espagnole, hollandaise...),
les intervenants se sont accordés à dire que la réussite de toute opération
de renouvellement urbain est tributaire de plusieurs facteurs. Ont été
particulièrement cités l’accompagnement social, la gestion de la proximité,
l’aménagement concerté, l’urbanisme durable. Tout cela, conviennent les
intervenants, doit être mené en totale cohérence avec la politique de la
ville. |