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24.07.2006
· Il sera présenté
aujourd’hui aux élus
· Marrakech, Agadir, Tanger et Casablanca épinglées
· Une surveillance par satellite des bidonvilles en projet
LE programme «Villes sans bidonvilles» bute sur de nouveaux obstacles. Deux
ans après son lancement, cette stratégie aux résultats globalement positifs
commence à s’essouffler dans plusieurs des 53 villes où elle a été adoptée,
sur un total de 82 visés. Présenté aujourd’hui par le ministère chargé de
l’Habitat et de l’Urbanisme, un bilan d’étape renseigne sur les difficultés
de mise en œuvre auxquelles ce programme fait face.
Au niveau national, du chemin a certes été parcouru. Le relogement et
recasement de 217.000 ménages, soit 78% des 277.000 familles visées, est
déjà programmé. Quelque 13,10 milliards de DH, sur un montant global de 20
milliards dédiés à cette opération sont débloqués. Le premier montant
comprend 5,8 milliards de DH pris en charge par l’Etat, sur un total de 7,4
milliards. Les chantiers ouverts portent sur 127.391 unités, dont 58.477
sont déjà réalisées et 68.914 unités en construction.
Là où les résultats sont moins probants est dans le rythme de destruction de
bidonvilles. Quelque 49.381 baraques ont été supprimées depuis juillet 2004,
soit une moyenne de 25.000 baraques par année (contre seulement 5.000
auparavant). Mais, selon le bilan, il faut que la cadence soit doublée pour
passer à 50.000 baraques par année pour atteindre les objectifs tracés. Il
faut aussi et surtout «un arrêt immédiat et total de toutes les tentatives
de construction de nouveaux bidonvilles», est-il indiqué. Des objectifs
difficiles à atteindre. Et pour cause, le programme accuse plusieurs retards
dans de nombreuses villes. C’est le cas pour Marrakech, Casablanca, Agadir
et Tanger. Les raisons invoquées ont trait au peu de disponibilité du
foncier, au formalisme ambiant en matière d’accès aux financements et aux
autorisations. D’autres villes s’en sortent mieux. Il s’agit notamment de
Salé, Témara, Kénitra, Sidi Kacem, Khémisset, Larache, Benslimane, Settat,
Beni Mellal, Khouribga, Safi, Kelâat Seraghna et Meknès.
Pour le reste, le peu d’engagement des élus et des autorités locales est
souligné. «Or, le programme est par définition un engagement mutuel de
l’Etat et des autorités locales. Si le premier se doit d’augmenter la
production de logements, les secondes ont la responsabilité de contrôler et
sanctionner toute expansion des bidonvilles», dit une source proche du
dossier. L’irrégularité qui marque les réunions de certains comités
régionaux et locaux de suivi est pointée du doigt. Autres griefs, le peu
d’engagement dans l’accompagnement social des projets et les manquements en
matière de sanctions. A cela s’ajoute l’inadéquation entre le niveau d’évacuation-destruction
des bidonvilles et celui des réalisations. Plus de 16.300 unités déjà
construites ne sont pas encore occupées.
Plusieurs pistes sont avancées pour corriger les écarts enregistrés. A
commencer par l’accompagnement des collectivités locales concernées par ces
programmes. Un montant global de 700 millions de DH a été mobilisé sur la
période 2006-2010 en faveur de celles-ci, avait annoncé le Premier ministre
Driss Jettou lors de son dernier passage devant la Chambre des conseillers.
Les mesures préconisées portent aussi sur l’accélération du rythme de
production d’habitats sociaux, notamment à travers l’équipement progressif
des nouvelles zones d’accueil et la poursuite de la mobilisation du foncier
public. Autres actions: l’encouragement des partenariats public-privé, la
révision à la baisse des conditions d’accès aux crédits logement et
l’amélioration des performances du fonds de garantie Fogarim.
L’accompagnement social des familles bénéficiaires et la généralisation du
système de guichet unique pour réduire les délais d’obtention des
autorisations de construire sont également mis en avant. Pour suivre la
situation des bidonvilles, un système de surveillance par satellite sera mis
en place. En cas de détection de nouvelles créations de bidonvilles, de
lourdes sanctions seront appliquées.
Projets parallèles
L’action de l’Etat en matière de lutte contre l’habitat insalubre s’étend
également aux quartiers sous-équipés. Quelque 62 quartiers sont d’ores et
déjà réhabilités, sur un total de 191 programmés. Les familles bénéficiaires
sont au nombre de 63.000, sur un total de 540.000 programmés. Le montant
global de cette opération s’élève à 1 milliard de DH. Les habitations
menaçant ruine dans les médinas et les quartiers non réglementaires sont
également visés. Les interventions dans ce domaine ont concerné 17.000
familles, sur un total de 90.000 familles menacées. Elles ont coûté 336
millions de DH. En vue, un programme d’urgence au profit de la ville de Fès
visant le relogement de 1.167 familles et la réhabilitation de 3.600
habitations avec un montant de 228 millions de DH.
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