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24.11.2006
· Les arbres du bd Massira à
Casablanca gênent les commerces
· La ville veut profiter du réaménagement pour régler la question
Qu’est-ce qui pourrait bien justifier l’arrachement d’arbres de la voie
publique?
D’ailleurs, peut-on poser la question sans entendre crier au scandale?
Certainement pas. Pourtant, l’éventualité d’ôter «quelques sources
d’oxygène» est bel et bien envisagée à Casablanca. Et ce sont ces lignes
d’arbres qui longent des boulevards de la métropole qui gênent les
urbanistes de la commune. Selon eux, les gros ficus du boulevard Massira,
par exemple, ne correspondent plus à la nouvelle configuration du quartier.
Dans celui-ci, les hauts immeubles ont remplacé les vieilles villas et les
grandes franchises de la mode s’y sont alignées en en faisant une avenue
très prisée pour le shopping.
Sans doute la plus chère de la capitale économique. Des spécialistes à la
commune trouvent que dans un tel décor, les vieux ficus font tache. Au sens
figuré et au sens propre, puisque c’est un arbre qui salit. Car il attire
les oiseaux à l’aube et à la tombée du jour.
A noter qu’il s’agit d’une espèce au feuillage très fourni et aux troncs
gros et courts. Ils occupent donc une grande partie du trottoir, débordent
sur la chaussée et cachent les vitrines des commerces aux passants. A
Casablanca, on les retrouve également le long des boulevards Bir Anzarane et
Abdelkrim El Khattabi.
Aujourd’hui, la ville ne s’est pas encore prononcée sur leur sort. Il faut
dire que la décision d’arracher des arbres est difficile à prendre, surtout
en période électorale… Le maire, Mohammed Sajid, doit en être conscient,
puisqu’il a choisi de faire du terrain pour s’aider à trancher: lundi matin,
il a examiné un à un les ficus de Massira, leur alignement... Les
responsables des services de la voirie, de l’environnement et de la gestion
des déchets à la commune étaient à ses côtés pour cela.
Par ailleurs, un bureau d’études est en train de dessiner le profil du
boulevard. Les résultats ne devraient pas tarder à venir, puisque les
travaux de réaménagement seront lancés en janvier et devraient se poursuivre
jusqu’en juin 2007. L’opération nécessitera le rééquilibrage des dimensions
des trottoirs et chaussées, de sorte à ce qu’il y en ait autant d’un côté
que de l’autre. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Aussi, toute
construction ayant débordé sur ses emprises initiales sera reculée.
D’autres intervenants prendront également part aux travaux, Lydec notamment.
La société devra supprimer ses poteaux électriques et les remplacer par des
réseaux de fils enterrés. Les réseaux d’eau potable et d’assainissements
seront par la même occasion renouvelés.
Reste le sort des arbres. Le scénario qui revient est simple: les ficus
doivent être arrachés et remplacés par une autre espèce plus élancée, moins
encombrante… mais tout aussi oxygénante. Les palmiers, par exemple, dont la
silhouette va bien avec l’image de Casa et avec la vocation commerçante du
boulevard.
L’issue de ce dossier est très attendue. Toutes les villes marocaines
assistent à la transformation de zones villas en zones immeubles, ou de
quartiers d’habitat en quartiers commerciaux. Aussi seront-elles toutes
amenées à modifier leur décoration urbaine, notamment en touchant aux arbres
d’ornement. Casa pourrait constituer une jurisprudence pour les autres
régions.
Moins d’espace piétons
Les travaux
de construction des nouvelles voies de Massira ne seront lancés qu’en
janvier. Mais la commune a déjà commencé à dégager les abords de la route
qui serviront à l’élargissement du boulevard. Un espace qui sera donc gagné
sur le trottoir, la jardinière du tout nouveau siège de L’Economiste y sera
d’ailleurs sacrifiée. Moins de place pour les piétons alors. En revanche, la
circulation promet d’être plus fluide. Le boulevard devrait compter 6 voies
au lieu de 4, selon un spécialiste à la commune. Au boulevard d’Anfa
(l’exemple revient souvent puisqu’il est unique), le même nombre de voies a
été maintenu. Ce n’est pas pour autant que le budget du réaménagement de
Massira sera plus important. L’objectif principal du chantier reste
l’élargissement des voies plus qu’une mise à niveau radicale, comme cela à
été le cas pour le premier tronçon du boulevard d’Anfa. |