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24.11.2006
· Des appartements et une
nouvelle vie pour 202 ménages
· Le programme de mise à niveau urbaine se poursuit
· Près de 7.000 bâtisses menacent ruine
Fatéma Hammou, une jeune femme, la trentaine, un enfant sur les bras, un
autre sur le dos, et certainement d’autres plus âgés, est heureuse. Elle et
sa famille vont pouvoir habiter dans un logement décent. Son ancienne
demeure a été jugée, après plusieurs semaines d’attente, «menaçant ruine»
par la commission technique de l’Habitat. Et, le 17 novembre, Fatéma a enfin
reçu les clés de son nouvel appartement. C’est le ministre de l’Habitat et
de l’Urbanisme, Taoufiq Hejira, qui les lui a remis personnellement au siège
de l’ex-préfecture de Fès-Médina. Comme les 201 autres ménages, la famille
Hammou a accédé finalement à un nouveau logement salubre. Elle quitte ainsi
une vieille bâtisse en médina vers un logement flambant neuf à Bab Ftouh.
«Je ne dormais pas la nuit. Tous les jours, je craignais que le toit ne nous
tombe sur la tête. Fini donc ce cauchemar et toutes ces années de
souffrance», confie la mère de famille.
D’ailleurs, la joie est à son comble. Heureux tous ces chefs de ménages
venus récupérer le titre foncier de leurs nouvelles demeures. Youyous, rires
et applaudissements, chacun d’entre eux exprime son bonheur à sa manière.
Parmi les bénéficiaires, figure aussi Naïma Tarik, la quarantaine,
abandonnée par son mari depuis une décennie. Avec ses trois enfants, elle
voit enfin le bout du tunnel. Celle-ci habitait, jusqu’à maintenant, dans
une petite chambre de 10 m2 à Fès-Jdid sans toilettes, ni cuisine. Dans son
immeuble, une dizaine de familles vivent dans les mêmes conditions.
Certaines chambres abritent deux foyers à la fois. L’un y passe la nuit et
l’autre le jour. A noter que chaque abri est loué à 300 DH le mois. Un
montant élevé eu égard aux conditions de vie et des risques quotidiens
d’effondrement. Mais ces familles n’avaient d’autres choix que de prier pour
que leur vie soit épargnée. Malgré les nombreux avis d’évacuation, ils
n’avaient nulle part où aller.
Aujourd’hui, c’est pratiquement régler pour Naïma. Celle-ci a été intégrée
dans un processus d’acquisition. Pour le même prix, elle a pu bénéficier
d’un logement au quartier Ennassim. Elle dispose aujourd’hui d’un
appartement de 68 m2 avec 2 chambres, salon, salle de bains, cuisine et
terrasse. Un vrai tournant pour Naïma et ses enfants.
Ainsi, le programme de mise à niveau urbaine et de lutte contre l’habitat
insalubre, présenté au Souverain en décembre 2004, se poursuit.
«Aujourd’hui, des centaines de personnes ont reçu les clés de leurs
nouveaux appartements. Les autres sont inscrits dans d’autres programmes»,
indique Hejira. Et d’ajouter que le prix de cession des nouveaux
appartements, situés à Sahrij Gnaoua et Bensouda, et cédés par
location-vente, varie entre 43.000 et 120.000 DH. Le montant moyen des
mensualités est de 300 DH sur une durée de 25 ans sans intérêts. Le ministre
souligne, par ailleurs, que depuis le lancement de ce programme, 599 ménages
ont été relogés. 390 d’entre eux proviennent du tissu ancien. Le reste
vivait dans un habitat sous-intégré (type bidonvilles).
A noter que l’habitat menaçant ruine est la forme la plus dangereuse de
l’habitat insalubre. Elle touche notamment le tissu ancien en médina et à
Fès-Jdid pour 2.000 bâtisses, soient 6.200 ménages. S’agissant de l’habitat
non réglementaire dans la zone nord et Jnanate, on dénombre quelque 5.000
baraques, abritant environ 25.000 ménages. Face à cette situation et suite
aux effondrements répétés qu’a connus la ville de Fès, l’Etat, à travers le
ministère délégué chargé de l’habitat et de l’urbanisme, en partenariat avec
les autorités locales et les élus, a mis en place, depuis 2003, une
stratégie visant à cerner cette problématique.
Cette stratégie porte notamment sur l’intervention directe sur les sites
concernés (identification, expertise, travaux de confortement et
d’aménagement extérieur) pour un montant de 224 millions de DH, dont 121
millions sont subventionnés. Cette subvention est répartie comme suit, 62
millions de DH pour le tissu ancien (intra-muros) et 59 millions de DH pour
l’habitat non réglementaire (zone nord et Jnanate). L’Etat a procédé
également à l’acquisition d’un parc logements de 1.019 appartements pour un
montant de plus de 100 millions de DH. L’attribution desdits appartements
est assurée par une commission locale composée des membres de la wilaya, de
la municipalité et de la direction régionale de l’habitat de Fès. |