Une orientation que
viennent corroborer, il y a quelques jours seulement, les travaux de la
deuxième rencontre nationale des agences urbaines, organisés les 18 et 19
décembre à Asilah, et dont le rôle stratégique dans l’effort national pour
le développement durable est, de nos jours, indéniable.
En effet, les agences
urbaines, compte tenu des profondes mutations que connaît notre société, se
trouvent impérativement interpellées afin de s’impliquer dans le processus
en cours s’agissant de l’aménagement du territoire et de toute la dynamique
que connaît l’espace urbain. Elles ressortent, donc, comme de véritables
leviers de développement et, à cet égard, elles sont appelées à faire preuve
de beaucoup de créativité, de proactivité, de réactivité, d’initiative et
d’ouverture sur l’ensemble des intervenants pour concrétiser les objectifs
escomptés en matière de développement durable du tissu urbain national.
Cette approche est à
appréhender dans un contexte global fortement caractérisé par une
urbanisation accélérée de par le monde, de façon générale, et de la région
méditerranéenne, plus particulièrement. A cet égard, d’après une note
sectorielle sur le développement urbain, élaborée il y a quelques mois par
la Banque Mondiale, il est clairement établi, en ce qui concerne la région
MENA, que la moyenne de l’urbanisation est de 60 % de la population vivant
en zones urbaines. Une proportion qui va grandissante atteignant les 80,
voire les 90 % de la population dans certains pays, comme le Liban et la
Jordanie.
A ce rythme, la Banque
Mondiale relève que la région MENA occupe, par rapport aux autres régions,
le troisième rang mondial pour le taux de population urbaine le plus élevé
et le deuxième rang mondial pour le taux de croissance urbaine le plus
élevé.
Faisant une étude au
cas par cas, l’institution mondiale note, en ce qui concerne notre pays, que
le partenariat qui les lie vise entre autres objectifs à réformer le cadre
de l’action publique dans le secteur du logement en vue de faire face à
l’état d’insuffisance chronique de ce secteur, qui touche plus
particulièrement les classes moyennes et les pauvres, de plus en plus
nombreux dans les villes. Et d’ajouter que le principal objectif du projet
est d’aider les institutions sectorielles compétentes à élaborer et mettre
en œuvre un programme général de réformes pour éliminer les obstacles et
créer un marché et un espace urbain efficient devant permettre à tous les
segments de la population de trouver un logement décent à un prix abordable.
A cet effet, outre les
réformes visant la simplification de la réglementation en matière de
planification urbaine et l’optimisation de la production, l’effort englobe
la simplification des procédures, l’amélioration de l’accès au financement
du logement pour les couches à faible revenu, la restructuration et un
meilleur ciblage des subventions publiques au secteur du logement et au
développement urbain, la promotion du secteur privé et la restructuration
des organismes publics - notamment les agences urbaines - ainsi que la mise
sur pied d’un programme national d’assainissement pour améliorer les
conditions de vie et d’existence des populations.
Dans cette optique et
de l’ambition affichée, c’est tout le choix du gouvernement de Sa Majesté
qui s’affirme à travers la mise sur pied d’un cadre attrayant en mesure de
permettre à notre pays d’être beaucoup plus compétitif et de se positionner
en tant qu’acteur de taille à l’échelle de l’économie mondiale. C’est ce
choix, aujourd’hui bien réel, que se font sien les pouvoirs publics à
travers leur engagement et une volonté politique affirmée afin de faire de
notre espace urbain un espace actif, mieux structuré et donc viable.
Effectivement, notre
pays a tout à gagner de cette dynamique de progrès, surtout qu’elle lui
permet de se positionner en phase d’une logique précise, celle de la prise
en conscience des enjeux et des défis de ce contexte de la mondialisation,
d’une part, et, d’autre part, sa détermination à mobiliser toutes ses
énergies pour gagner le pari du développement.