Rôle des agences urbaines dans le processus de développement: Une vision structurante du cadre bâti

 

25-12.2006

Incontestable, car tout indique que les Hautes Orientations contenues dans le Discours Royal et les recommandations qui en sont issues, à l’occasion des travaux de la rencontre nationale des collectivités locales, tenue récemment à Agadir, augurent d’un profond changement institutionnel et structurel qui va donner une nouvelle dimension à la politique de régionalisation et de décentralisation.

Une orientation que viennent corroborer, il y a quelques jours seulement, les travaux de la deuxième rencontre nationale des agences urbaines, organisés les 18 et 19 décembre à Asilah, et dont le rôle stratégique dans l’effort national pour le développement durable est, de nos jours, indéniable.

En effet, les agences urbaines, compte tenu des profondes mutations que connaît notre société, se trouvent impérativement interpellées afin de s’impliquer dans le processus en cours s’agissant de l’aménagement du territoire et de toute la dynamique que connaît l’espace urbain. Elles ressortent, donc, comme de véritables leviers de développement et, à cet égard, elles sont appelées à faire preuve de beaucoup de créativité, de proactivité, de réactivité, d’initiative et d’ouverture sur l’ensemble des intervenants pour concrétiser les objectifs escomptés en matière de développement durable du tissu urbain national.

Cette approche est à appréhender dans un contexte global fortement caractérisé par une urbanisation accélérée de par le monde, de façon générale, et de la région méditerranéenne, plus particulièrement. A cet égard, d’après une note sectorielle sur le développement urbain, élaborée il y a quelques mois par la Banque Mondiale, il est clairement établi, en ce qui concerne la région MENA, que la moyenne de l’urbanisation est de 60 % de la population vivant en zones urbaines. Une proportion qui va grandissante atteignant les 80, voire les 90 % de la population dans certains pays, comme le Liban et la Jordanie.

A ce rythme, la Banque Mondiale relève que la région MENA occupe, par rapport aux autres régions, le troisième rang mondial pour le taux de population urbaine le plus élevé et le deuxième rang mondial pour le taux de croissance urbaine le plus élevé.

Faisant une étude au cas par cas, l’institution mondiale note, en ce qui concerne notre pays, que le partenariat qui les lie vise entre autres objectifs à réformer le cadre de l’action publique dans le secteur du logement en vue de faire face à l’état d’insuffisance chronique de ce secteur, qui touche plus particulièrement les classes moyennes et les pauvres, de plus en plus nombreux dans les villes. Et d’ajouter que le principal objectif du projet est d’aider les institutions sectorielles compétentes à élaborer et mettre en œuvre un programme général de réformes pour éliminer les obstacles et créer un marché et un espace urbain efficient devant permettre à tous les segments de la population de trouver un logement décent à un prix abordable.

A cet effet, outre les réformes visant la simplification de la réglementation en matière de planification urbaine et l’optimisation de la production, l’effort englobe la simplification des procédures, l’amélioration de l’accès au financement du logement pour les couches à faible revenu, la restructuration et un meilleur ciblage des subventions publiques au secteur du logement et au développement urbain, la promotion du secteur privé et la restructuration des organismes publics - notamment les agences urbaines - ainsi que la mise sur pied d’un programme national d’assainissement pour améliorer les conditions de vie et d’existence des populations.

Dans cette optique et de l’ambition affichée, c’est tout le choix du gouvernement de Sa Majesté qui s’affirme à travers la mise sur pied d’un cadre attrayant en mesure de permettre à notre pays d’être beaucoup plus compétitif et de se positionner en tant qu’acteur de taille à l’échelle de l’économie mondiale. C’est ce choix, aujourd’hui bien réel, que se font sien les pouvoirs publics à travers leur engagement et une volonté politique affirmée afin de faire de notre espace urbain un espace actif, mieux structuré et donc viable.

Effectivement, notre pays a tout à gagner de cette dynamique de progrès, surtout qu’elle lui permet de se positionner en phase d’une logique précise, celle de la prise en conscience des enjeux et des défis de ce contexte de la mondialisation, d’une part, et, d’autre part, sa détermination à mobiliser toutes ses énergies pour gagner le pari du développement.