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28.06.2006 |
19h44
Plus
de 6 milliards de dirhams ! Sans doute, le chiffre en dirhams lourds ne
manquerait-il pas de laisser rêveur ! Sans doute aussi, l'annonce du haut
de la capitale de l'Oriental d'un programme immobilier sans précédent
constitue-elle un symbole. Elle exprime, néanmoins, une constante : S.M. le
Roi Mohammed VI est plus que jamais engagé sur les fronts multiples du
progrès et de la modernisation.
Qu'importe le prix, quel que soit aussi le tribut à payer, il est surtout
engagé sur le front nodal de la mise en œuvre du modèle de développement
et du projet de société qu'il a choisi pour nous, inspiré de l'ancrage
dans nos valeurs et de la modernité.
C'est à coup sûr un symbole. S.M. le Roi a choisi – et ce n'est pas le
moindre hommage à cette ville – la capitale de l'Oriental pour lancer un
ambitieux programme national de constructions de villas économiques pour la
classe moyenne.
Celle-ci constitue, comme diraient les sociologues, la " grande frange
sociale médiane ", vertueuse, laborieuse où se croisent
fonctionnaires, employés, paysans, artisans, indépendants, professions libérales
aspirant plus que jamais – dans la mesure où les conditions le leur
permettent – d'accéder à la propriété. Bref, ce que le grand
sociologue Henri Mendras décrivait comme une " classe contente
d'elle-même, maîtrisant son destin social et assumant une culture de sécurité
et de confiance en l'avenir ". Pas moins de 10 000 villas économiques,
relevant de ce concept de " confort moderne ", qui donne sa pleine
mesure au logement des temps nouveaux, commercialisées à un prix compétitif
sont annoncés, en attendant les autres, à travers les villes du Maroc
suivantes : Tanger, Tamesna, Meknès, Agadir, Marrakech et Oujda.
Puisqu'elles participent d'une plus exhaustive définition du progrès, les
villas économiques intègrent des paramètres de modernité urbanistique et
renvoient dos à dos les anciennes conceptions de logement populaire et
celles de l'habitat social, notamment ces tours infernales, sans âme et
sans dimension humaine. Ici, l'architecture se marie avec la fonctionnalité.
Le même concept est donc retenu aussi bien à Ryad Isly d'Oujda que dans
les autres villes prévues dans la première tranche du programme national
que le Souverain a hâte de voir s'ériger. Ici aussi, la fonctionnalité
– magasins alentour, espaces verts, administrations de proximité – est
appelée à se marier avec l'esthétisme, car il y va du cadre et de la
qualité de vie.
Et ce n'est pas par hasard qu'un concours d'architecture, dont la première
retombée bénéfique est qu'il fournira du travail aux architectes , est
lancé pour conférer au projet une dimension viable. Oujda sera dotée dans
un premier temps déjà de 461 villas économiques, bâties sur une
superficie de 20 hectares, mobilisant quelque 199 millions de dirhams...
Voici donc une nouvelle cité dont la première caractéristique est qu'elle
narguera le paysage d'une immense plaine, surgie par la grâce d'une volonté
Royale, épousant les contours de la modernité et défiant l'environnement
frontalier.
Il y a aussi, dans cette rédhibitoire bataille de modernisation que le
Souverain engage avec ardeur, ce volet de bidonvilles, retombées d'un développement
sauvage et anachronique des années précédentes. Les urbanistes
s'accordent à dire que la croissance d'Oujda s'est faite suivant un
processus horizontal démesuré, de surcroît sur une superficie de 7500
hectares pour une population qui totalise à peine 500 000 habitants ! C'est
à l'évidence, toutes proportions gardées, une très forte densité
humaine, consommatrice d'énergie électrique, d'eau et de …voiries. Véritable
tassement qui a vite fait d'être accentué par un effrayant exode rural que
favorisent la quête désespérée d'emploi et une sécheresse endémique.
La ville, à plus ou moins longue échéance, s'en est trouvée guillotinée,
encerclée par deux " couronnes de bidonvilles " et d'habitats
clandestins. Il a fallu que S.M. le Roi Mohammed VI prenne, là encore, le
taureau par les cornes, à l'occasion de sa visite en mars 2003, pour voir
émerger une vision urbanistique. Quelque 95 quartiers ont été pris en
charge, ils avaient mobilisé une enveloppe de 170 millions de dirhams au
titre de cette première intervention, l'INDH assurant la suite des opérations.
Aujourd'hui, le programme Afak reloge les ménages des bidonvilles et, appuyé
sur une enveloppe nouvelle de 131 millions de dirhams, il réalise quelque
406 logements, suivis après de 200 autres.
Dans le cadre de cette exemplaire opération " Ville sans bidonvilles
", le Souverain a remis des titres d'attributions de 574 lots équipés
à certains bénéficiaires de ce même programme , notamment dans le
complexe aménagé et éradiqué de Sidi Ziane, dont le financement s'élève
à quelque 31 millions de dirhams.
L'habitat constitue à n'en pas douter une priorité des priorités aux yeux
de S.M. le Roi Mohammed VI, il participe d'une vision d'ensemble, parce que
d'une part il réduit la fracture générationnelle et sociale et parce que
d'autre part la stabilité d'une société moderne quelle qu'elle soit,
menacée de capillarité, en dépend fortement. La nouvelle dynamique Royale
s'attaque à un aspect de la modernisation urbanistique avec audace et
clairvoyance.
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