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Un Conseil municipal défaillant
· Des voieries dans un état lamentable
· Anarchie dans la gestion de la circulation et des déchets
L’arrivée du nouveau wali de la Région Chaouia-Ouardigha et gouverneur de la
province de Settat fait actuellement l’objet de nombreux commentaires parmi les
habitants de la ville. Il est vrai que les citoyens ne peuvent plus supporter la
dégradation de leur cité. Et il est normal qu’ils attendent beaucoup de Mohamed
El Yazid Zellou, nouveau premier responsable. Surtout qu’ils ont été déçus par
un Conseil municipal quasiment absent. A telle enseigne qu’il a été dénommé «le
Conseil fantôme» par les habitants.
En effet, Settat est arrivée à un état de détérioration tel qu’il est
aujourd’hui difficile de continuer à la qualifier de «ville», de surcroît
chef-lieu d’une grande région. A commencer par les voiries qui sont dans un état
de délabrement inacceptable et indigne d’une ville qui se respecte.
Nids-de-poule, trous au beau milieu des chaussées, crevasses… L’opération
d’asphaltage qui avait été menée en mai dernier n’était que de la poudre jetée
aux yeux du citoyen quelques jours à peine avant les élections communales du 12
juin 2009. Et encore, elle n’a concerné que quelques rues et une partie de la
pénétrante Nord de la ville sur la route vers Casablanca. A voir l’entrée sud
sur la route de Marrakech ou encore celle menant vers Guisser et El Borouj, l’on
se croirait dans un quelconque centre rural. Et pourtant, d’importants budgets
sont consacrés à l’entretien des voies, nous a indiqué une source du Conseil
municipal. Mais rien n’y fait, c’est le dernier souci des élus locaux et aussi
des responsables. C’est pour cette raison que les citoyens espèrent une
intervention du wali Zellou en tant que premier haut responsable et aussi en
tant qu’ordonnateur du budget communal.
La question qui revient aujourd’hui sur toutes les bouches est: «puisque rien
n’est fait dans cette ville, où va le budget communal?» En effet, les habitants
ne constatent aucune amélioration de leur cadre de vie. Partout, les marchands
ambulants occupent et salissent la chaussée en laissant, en fin de journée,
détritus et déchets. Sans oublier les déchets animaux laissés par les
charrettes. Est-il concevable de nos jours de voir circuler encore en plein
centre-ville toutes ces charrettes, véritables dangers ambulants et pour la
circulation et pour les piétons. Pourtant, il suffit de poser des panneaux
d’interdiction d’entrée dans la ville à la limite du périmètre urbain. Mais rien
n’y fait. On ne sait pour quelles raisons obscures le Conseil municipal s’entête
à les autoriser à circuler dans la ville. Certainement pas pour des raisons
électorales, car la plupart viennent des douars environnants qui ne font pas
partie des circonscriptions de Settat. Le Conseil municipal aurait dû prendre
exemple sur Berrechid ou Sidi Bennour où l’accès à la ville leur est strictement
interdit.
Les maux de Settat ne s’arrêtent pas là. La ville ne dispose d’aucun espace vert
digne de ce nom. Pas plus qu’elle ne propose à ses habitants des lieux de
loisirs où ils peuvent amener leurs enfants. Tout cela sans parler de la
mauvaise gestion de l’espace et du domaine publics squattés par les cafés et
autres snacks et obligeant les piétons à marcher sur la chaussée.
A propos de lieux de loisirs, la ville compte certes un golf qui fut, il y a
encore quelques années l’un des plus beaux du Maroc. Aujourd’hui, il est à
l’abandon. Le green est devenu jaune tout autant que le practice qui a perdu sa
clôture. Ne parlons pas du club house qui ouvre à la guise du gérant. Sans
oublier non plus de rappeler que des centaines de millions de dirhams ont été
dépensés dans l’aménagement d’un golf de 18 trous avant qu’un ex-ministre
socialiste de l’Aménagement du territoire ne décide que Settat n’avait pas
besoin d’un golf d’une telle dimension. Résultat, les centaines de millions sont
parties en fumée. Pourtant, les travaux étaient avancés à près de 90%. Même le
club house a été achevé. Aujourd’hui, les géomembranes qui avaient été
installées sur les lacs pour empêcher l’infiltration des eaux ont été arrachées,
le système sophistiqué d’irrigation détruit… Qui est responsable de cette
situation? Encore une fois, ce sont les élus qui sont mis à l’index. Et c’est le
Conseil municipal actuel, tout autant que son prédécesseur, qui doit s’expliquer
sur cette question qui s’apparente à une dilapidation des deniers publics. Les
griefs retenus contre le Conseil en place dont les populations attendaient
beaucoup ne se limitent pas à cela. Il faut y ajouter le transport en commun
chaotique. Peu de lignes et peu de bus. Ce qui fait que la fréquence des
passages n’est pas tout à fait adaptée aux besoins des citoyens et surtout à
ceux des étudiants. Il s’agit pourtant d’une concession. Là aussi l’on ne peut
que suggérer au Conseil municipal de Settat de prendre exemple sur la ville de
Berrechid. Et à propos de concession, il faudrait aussi demander des
explications au concessionnaire de l’assainissement solide concernant les
nombreux points noirs qui continuent à dénaturer l’espace urbain de la ville.
Il y a donc urgence. Le nouveau wali a du pain sur la planche. Les citoyens en
attendent beaucoup tellement ils ont été déçus par les élus qu’ils ont eux-mêmes
porté au Conseil municipal. Chaque commune n’aurait-elle donc que le Conseil
qu’elle mérite?
ZI: Les dysfonction-nements
La zone industrielle de
Settat est l’exemple flagrant des dysfonctionnements qui caractérisent la
gestion des affaires locales. Dans cette zone, le nombre de lots construits est
seulement de 40 sur les 54 attribués en… 1986, soit 74% de l'ensemble. Quant aux
unités opérationnelles, elles sont au nombre de 22 sur les 47 prévues. Tout
cela, sans que le Conseil municipal, initiateur de la ZI, ne bouge le petit
doigt laissant libre cours à toutes les spéculations. Un audit de cette ZI
serait fortement apprécié notamment l’examen des dossiers des sociétés en arrêt
d’activité. L’aménageur doit également récupérer les lots attribués et non
construits.
Jihad RIZK
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